“Voir Naples et mourir.”
Cette phrase résonne comme une promesse et une prophétie.
Avec Voyage à Napoli, j’ai voulu explorer le moment où l’amour atteint son point de rupture, là où la passion ne parvient plus à panser la douleur.
Lulu, comme beaucoup de femmes, traverse le gouffre du manque.
Celui d’un enfant qu’elle n’aura pas, mais aussi celui d’un sens à donner à sa vie, à son couple, à son corps.
Elle fuit cette absence en cherchant des réponses partout : dans les bras des autres, dans les voyages imaginaires, dans l’illusion d’une liberté totale.
Face à elle, Adil incarne la stabilité, la pensée, la fidélité au réel. Il tente de comprendre, mais finit submergé par ce qu’il ne peut contenir : la dérive de l’amour quand il ne suffit plus.
La pièce se déroule dans un espace clos, à la fois cocon et prison.
Les sons, les musiques italiennes, la lumière mouvante, tout participe à cette sensation de houle : une oscillation entre le souvenir des jours heureux et la désagrégation lente du présent.
Voyage à Napoli n’est pas un drame conjugal : c’est une autopsie de la passion.
Une traversée de la mer intérieure — celle du manque, du désir, de la perte.
Et, dans les ruines de l’amour, il reste quelque chose de brûlant : la beauté d’avoir aimé jusqu’au bout.